J’ai 23 ans, en couple, nous avons retapé un corps de ferme et je veux devenir mère.

Faire comme ma mère, des enfants, jeune, ça a l’air “idéal”.

OK, je sais que je suis amoureuse d’un pervers narcissique, mais je pense toujours pouvoir l’aider… et pourquoi pas en créant notre propre famille ? ! J’étais “jeune et con”…

Bref, pas trop de pression sur une maternité qui peine à se concrétiser puisqu’il n’y a pas d’équilibre dans mon couple… Cependant je reste seule avec mes doutes sur ma fertilité et me raisonne avec des phrases préconçues pour ne pas trop sombrer : “la Nature est bien faite… ce n’est pas le bon moment entre nous.” Et puis, peut-être qu’il fume trop, qu’il n’a pas assez de libido… Mais pourquoi ces derniers temps les rapports sont trop souvent douloureux ?

En attendant, je félicite mes amies, je les regarde prendre du ventre, je suis à la maternité avec une attention pour tous ces petits qui m’appelleront tata, je fête les anniversaires, …

 

J’ai 26 ans, mes règles débarquent ENCOOOOORE ! Viiiiite, il faut que je tente d’éliminer ce qui a été digéré sinon après c’est la douleur atroce et inexplicable assurée sur le trône (et oui, moi aussi je suis une princesse !). Mais ce jour-là, la douleur est d’une intensité tellement violente, que j’ai envie de vomir. Des sueurs froides dégoulinent le long de tout mon corps, je les vois ruisseler le long des cuisses et puis je manque de m’évanouir, je veux crier son nom pour qu’il vienne mais je n’arrive pas à parler, je l’entends il est juste de l’autre côté de la paroi vitrée, avec un pote ils font mumuse sur une mobylette… Mon téléphone est tout près, dans la pièce à côté, mais comment vais-je l’atteindre ?

De trop longues minutes plus tard, la douleur est moins virulente, je réussis à ramper jusque dans l’autre pièce. Il revient, je sens que je l’agace, ce n’est pas le moment, il m’emmène aux urgences. « Merci mon sauveur, je te le revaudrai. »

Je me réveille le lendemain avec un drain, et le ventre perforé à 4 endroits… Le chirurgien m’annonce qu’il a pratiqué une cœlioscopie pour enlever un kyste de 8 cm sur l’ovaire droit, et a découvert de l’endométriose logée à cet endroit, une trompe a été endommagée mais aucune séquelle, tout a bien été nettoyé. Dois-je me sentir soulagée ?

Maintenant je dois être ménopausée pour mettre l’appareil reproducteur au repos. Super, je vais pouvoir enfin prendre du poids ? ! (Je rêve d’avoir un corps plus appétissant !) « Ah non et bien au contraire ma petite dame. »

Je viens de vivre des douleurs similaires ou pire qu’un accouchement sans péridurale et sans le bonheur qui suit et fait oublier les longues heures de travail. Bien au contraire, dixit le chirurgien, mais j’ai de la chance, à une époque où cette maladie n’était pas connue une femme a subi l’ablation du rectum, des ovaires, de l’utérus, bref la totale et en cadeau un anus artificiel.

Ah ça va bien pour moi alors ! Pourquoi cette peur et cette tristesse quand il y a pire ailleurs ? Je dois être d’un tempérament un peu dépressif…

S’en suivent près de 3 ans de ménopause artificielle avec tous les effets indésirables puissance 1000 ! « Tu verras maman quand arrivera ton tour… » d’un ton irritable et irrité lorsqu’elle me voit bouillir de l’extérieur et qu’à l’intérieur tout venait de cramer. C’est le monde à l’envers dans cette famille !

Après cette longue période de jeune dans la peau d’une “vieille”, le gygy me répète : « Il faut faire un enfant, ça soignera et éliminera cette maladie”. Mais je n’ai plus d’homme dans ma vie…

J’ai compris que les règles font évoluer l’endométriose, mais tout est flou… une chose est sûre, je n’en peux plus de la ménopause, alors je propose une pilule en continu et le gygy me répond “Ah d’accord si vous préférez…”

 

J’ai 33 ans, un homme en or, la maison de mes rêves, de l’endométriose, il est temps pour nous d’essayer ardemment ! Pour ce faire, je me tape tous les gygys de ma petite ville.

 

J’ai 34 ans, je commence les traitements mais il faut en passer par une opération, l’hystérorésection, qui consiste à enlever un fibrome.

Et enfin une batterie d’examens forts sympathiques : IRM, échographies, spermiologie, spermogramme, sérologie, hystérographie, cœlioscopie, hystérosalpingographie, et je vous passe toutes les prises de sang à gogo, ….

IRM de l’utérus et du sacrum, alors là tu mets bien de côté ta pudeur, et adieu fierté !

L’hystérosalpingographie, tiens, ne serait-ce pas l’examen qui a fait vomir deux de mes copines de douleur ????? Ah bah oui j’ai hâte !!!!! Tellement hâte que je pleure de peur toute la matinée avant d’y aller. Cet examen consiste à faire une radio de l’utérus et des ovaires, et vérifier que les trompes sont bien perméables. Pour ce faire, le professeur à une très longue pince qui lui sert à choper la paroi de l’utérus afin d’injecter le produit dans les trompes. Pour ma part, il n’arrive pas à trouver l’utérus… bizarre ! Du coup la pince tourne, tourne, tourne, tourne et retourne jusqu’à ce qu’enfin elle s’agrippe à mon utérus ! Il AlleluAÏE j’en ai un ! Il a bien failli me mettre le doute, sa quête était si désagréable que j’ai voulu lui crier de laisser tomber, il l’a trouvé à temps… Finalement je m’étais fait tout un monde de la douleur, mais pour les femmes qui morflent à cause de l’endométriose et bien finalement, c’est plus désagréable que douloureux. L’avantage de cette maladie, c’est qu’elle fait de nous des WARRIORS avec un sacré level d’acceptation de la douleur !

 

J’ai bientôt 35 ans et je commence les inséminations. Je suis bien entourée, mon homme – manquant de tourner de l’œil à chaque prise de sang à la télévision – me pique tous les soirs. Nous avons toujours espoir ! Mais la première insémination fut un désastre, le seul gygy encore jamais tapé, remplaçait le mien pour le weekend, a raté l’injection sans me l’avouer. Quand vous arrivez avec les spermatozoïdes winners ça ne fait pas grand-chose dans le flacon, alors quand vous voyez des gouttes sur le haut de votre cuisse, c’est la panique…. Et pour finir de m’achever, il regarde le flacon et me demande si je suis bien Madame Bidule ? J’hurle mon NON et mon NOM. Et en l’espace d’une fraction de seconde, je m’imagine avec l’enfant d’un autre… Je poursuis trois autres inséminations souvent précédées d’infections urinaires, et puis c’est l’épuisement du corps.

Stop, break, pause, pouce, je veux partir en vacances sans prise de sang tous les matins, sans gygy tous les jours, sans programmation d’insémination… Je pense pouvoir y arriver seule avec mon homme. Ce n’est pas sans compter sur magnétiseurs, ostéopathes, étiopathe, thérapeute, acupuncteur…. Pour mettre toutes nos chances de notre côté en douceur.

 

J’ai 36 ans dans peu de temps, et je dois tout recommencer. Mais cette fois j’ai une super gynécologue depuis hier !!! J’ai appris beaucoup de choses lors de ce premier rdv sur les examens nécessaires mais non effectués jusqu’à maintenant…. C’est grave ! Mais « Mieux vaut tard que jamais… »

Mesdames, sachez qu’il est important de connaître la qualité de vos glaires vaginales, ce sont elles qui véhiculent les spermatozoïdes, si elles sont trop opaques, acides, … les spermatozoïdes ne feront jamais leur bonhomme de chemin. Un test post-coïtal est nécessaire et bien, jamais entendu parlé jusqu’à hier. J’ai aussi compris hier pourquoi j’ai eu tant mal autour du sacrum, même si rien ne s’est vu à l’IRM, j’avais quelques implants sur le colon sigmoïde.

 

Une femme proche de moi, suivant mon parcours de près, ayant une endométriose également, m’a dit ce jour qu’elle constatait un beau changement, je m’étoffe spirituellement (j’attends toujours corporellement !) et deviens femme, je prends encore plus les choses en mains, il en aura fallu du temps…

 

MAIS J’Y CROIS ENCORE PLUS FORT, ET UN JOUR PROCHAIN, UN PETIT ÊTRE M’APPELERA MAMAN.