Kim par-ci, Kim par-là, pauvre petite fille riche… Bref, ne nous épanchons pas sur cet incident traumatisant pour elle, certes, mais qui ne va pas changer notre monde. Pourtant, ce fait divers accapare les gros titres : presse, radio, TV, web. Mais ce qui se passe en Pologne est bien plus grave pour les femmes, et très peu de mots dans les médias traditionnels. Il faut requêter sur le web pour trouver des informations.

 

« Lundi noir »

Ce lundi 3 octobre, des milliers de femmes vêtues de noir ont manifesté à Varsovie. Beaucoup ont posé un jour de congé, la grève n’étant pas une tradition en Pologne. Un projet de loi visant à interdire totalement l’avortement, même en cas de viol ou de grossesse menaçant la vie de la femme enceinte, est en pourparlers.

« Mon corps, mon choix », « Pas de prison pour l’avortement »

La Pologne est déjà un des pays à la législation parmi les plus restrictives d’Europe. L’avortement n’est autorisé que dans 3 cas : le viol ou l’inceste, la mise en danger de la vie de la femme enceinte, ou de graves pathologies du fœtus. Les Polonaises ne peuvent donc pas disposer de leur corps comme elles le souhaitent. Avec ce projet de loi, le médecin et sa patiente risqueraient jusqu’à 5 ans de prison en cas d’avortement, à l’exception des cas où la vie de la femme enceinte serait en danger immédiat. « On ne se laissera pas faire » clament les femmes polonaises dans les rues de Varsovie. #BlackProtest est lancé, mais comment pourrait-il émerger face au raz-de-marée #KimKardashian, classé n°1 sur Twitter en moins d’une heure après les 1e annonces médiatisées.

« Qu’elles s’amusent ! »…

Voici la réponse du ministre des affaires étrangères, Witold Waszczykowski, interrogé sur la mobilisation des femmes. Toutefois, les protestations ont porté leurs fruits car «Toutes ensemble, nous sommes fortes ! ». Un nouveau projet de loi a donc été proposé ce mercredi 5 octobre. Il autorise l’avortement en cas de viol, d’inceste et en cas de risque pour la vie de la femme enceinte. En revanche, il ne serait pas autorisé en cas de pathologie constatée du fœtus.

“Cette mobilisation nous a fait réfléchir et nous a appris l’humilité” a déclaré le ministre des Sciences et de l’Éducation. L’humilité, c’est une attitude par laquelle on ne se place pas au-dessus des choses ou des autres. Toujours ce rapport de force, ce besoin de se rassurer sur la virilité des hommes en abaissant / annihilant les femmes.

Morale de l’histoire : en l’an 2016, en Pologne, une femme qui souhaiterait avorter parce qu’elle n’a pas envie d’avoir un enfant n’en aura toujours pas le droit. Archaïque, vous avez dit archaïque ?

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