Nous savons tous, ou presque, que le 8 mars est la journée consacrée aux droits des femmes. Elle a pour but de mettre en lumière la lutte pour l’égalité des droits entre les sexes à travers le monde. Instaurée par les Nations Unies en 1977, nos droits ont en effet connu de belles avancées, quand on sait que les Françaises ont le droit de voter que depuis 73 ans. Mais, malgré des lois promulguées pour combattre les inégalités, peu sont encore réellement appliquées. C’est un combat permanent, qui va bien au-delà du 8 mars.

 

« Et les 364 jours restants dans l’année, c’est la journée de l’homme ? »

J’ai toujours entendu mes camarades masculins railler cette « Journée de la Femme ». « Pourquoi les femmes auraient-elles droit à un jour pour les célébrer ? » Heu…peut-être justement parce que nous n’avons pas encore les mêmes droits ?! Mais, il est vrai que dans notre quotidien en France, la majorité des gens ne se rendent même plus compte de ce sexisme ambiant. Et soyons réalistes, une Journée des droits des hommes aurait une portée limitée : même si ils peuvent exister, les cas de discriminations à l’encontre des hommes en faveur du sexe opposé, ne seraient pas représentatifs d’un phénomène de fond, comme c’est le cas envers des discriminations envers les femmes.


« Trop de célébrations, une journée mondiale entre celle du tennis et celle de la plomberie »

S’il vous plait, comprenez qu’on ne célèbre pas les femmes, ce n’est pas la fête le 8 mars. Inutile de nous offrir un bouquet de fleurs ou de nous tenir la porte. Pour être honnête, on s’en fout. Ce n’est pas un hommage à une vision stéréotypée de la femme, mais c’est une journée de travail, inscrite au calendrier de l’ONU, qui a pour but de constater les avancées au sujet de l’égalité homme-femme. C’est pour cela qu’il ne s’agit pas d’une « Journée de la Femme », mais d’une « Journée internationale des Droits des Femmes ». Alors, oui, elle parait comme une journée de plus parmi tant d’autres, mise au même rang que des journées mondiales sans but d’avancées sociales. Mais profitons du 8 mars, et d’avoir les projecteurs médiatiques sur cette cause, pour rappeler où nous en sommes, et pourquoi cette lutte finalement récente, est loin d’être finie.

 

 

 (liste non exhaustive)

Pour l’égalité salariale

  • Tous temps de travail confondus, les femmes gagnent 25,7% de moins que les hommes; 16,3% pour les seuls temps pleins.
  • 8% seulement des entreprises dans le monde sont dirigées par une femme.
  • Les femmes occupent plus de 35% des conseils d’administration en France* ; une belle progression quand en 2007, elles n’étaient que 8,5%.
  • Dans 79 pays, la loi restreint le type d’emploi qu’une femme peut occuper.
  • Les carrières sont ralenties par l’arrivée d’un enfant, et le brun-out les touche après le troisième, puisqu’elles continuent d’assurer les deux tiers des tâches ménagères.
  • Les femmes et les filles effectuent 2/3 du travail mondial pour… 5 % du revenu mondial. La plupart d’entre elles ne sont pas salariées.

 

Pour le droit à l’IVG

  • Alors que nous venons de célébrer les 40 ans de la loi Veil qui garantit un droit acquit de haute lutte, son application en revanche est de moins en moins assurée.
  • En dix ans, plus de 130 établissements publics et privés pratiquant les interruptions de grossesse ont fermé. en France.
  • La clause de conscience accordée aux médecins réticents ne doit pas en principe les empêcher d’orienter les patientes vers d’autres praticiens, mais ce n’est pas toujours le cas.
  • En raison de la saturation des services, 40 des 56 établissements d’Île-de-France qui pratiquent l’IVG refusent la prise en charge des femmes au-delà de 10 semaines (délai légal de 12). Beaucoup de femmes en demande d’IVG finissent leur parcours à l’étranger.
  • Le droit à l’avortement est limité dans plus de 2/3 des pays, comme en Pologne où il est autorisé qu’en cas de viol, d’inceste, de mise en danger de la vie de la mère ou de pathologies graves du fœtus. Et il y a quelques mois, le gouvernement polonais songeait à abroger totalement ce droit. Il est revenu dessus suite à une mobilisation sans précédent des Polonaises. Mais en février, il a limité l’accès à la pilule du lendemain.
  • Dès son arrivée au pouvoir, première chose que fait le président Donald Trump : signer un décret interdisant le financement d’ONG internationales soutenant l’avortement.

 

Contre le harcèlement et les violences

  • 100% des femmes ont été harcelées dans les transports en commun, 76% ont été suivies dans la rue.
  • En France, à l’heure actuelle, une femme tous les trois jours meurt, victime de violence conjugale.
  • 22 % des Européennes ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire.
  • La Russie vient de dépénaliser les violences conjugales (au secours…)

 

« Mais qu’est-ce que je peux faire pour la journée des droits des femmes ? »

Nous pouvons toutes et tous agir, parce que Messieurs, nous avons besoin de vous ! Pas de vos fleurs, mais de votre engagement à nos côtés. Prouvez-nous que les femmes ne vous font pas peur et que vous pouvez nous traiter sur un pied d’égalité.

Concrètement, des actions plus ou moins impliquantes peuvent être faites comme par exemple : 

  • Faire grève le 8 mars à partir de 15h40 #8mars15h40 : c’est l’heure à laquelle les femmes cessent d’être payées chaque jour. 1e année où cette manifestation est organisée dans autant de pays : 50. Si on veut soutenir le mouvement, mais dans l’impossibilité de quitter notre lieu de travail, d’autres solutions s’offrent à nous :
    • Coller des affiches informatives dans notre entreprise
    • Rassembler les collègues pour faire le point
    • Porter un brassard en signe de solidarité
  • S’intéresser et réfléchir au thème de 2017 choisi par l’ONU Femmes : « Les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50 – 50 d’ici 2030 »
  • Relayer l’information sur vos réseaux sociaux avec les principaux hashtags: #JourneeDesDroitsDesFemmes, #Journeedesfemmes, #Droitsdesfemmes, #Planet5050, #IWD2017
  • Reconsidérer votre salaire, Mesdames
  • Faire un don aux associations
  • Expliquer à vos enfants pourquoi cette journée existe
  • Et bien sûr, regarder ce que votre ville organise pour l’occasion

 

N’attendons pas que les choses évoluent d’elles-mêmes car le risque est de voir ces droits chèrement acquis, reculer. Agissons, mobilisons-nous, réalisons avant tout que le combat est loin, et d’être terminé, et d’être gagné. Alors, que faites-vous le 8 mars ?

 

Sources : Observatoire des inégalités 2016 ; Enquête Ifop pour le défendeur des droits 2014 ; Défendeur des droits ; Dossier Psychologies magazine mars 2017

*Loi Copé-Zimmerman obligeant les grandes entreprises à compter au moins 40% de femmes dans leur conseil d’administration

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