Hier, au premier jour d’exercice du pouvoir de Donald Trump, a eu lieu Women’s March, la grande Marche des Femmes à Washington et dans plus de 370 autres villes dans le monde.

J’ai commencé à en entendre parler sur Instagram, via des stars comme Olivia Wilde (pro Hillary Clinton), qui ont relayé #WomensMarch et #WhyIMarch dès son lancement en décembre. Dans un de ses premiers post concernant cet événement, Olivia Wilde écrivait « Nous travaillons pacifiquement tout en reconnaissant qu’il n’y a pas de vraie paix sans justice et équité pour tous. ». Complètement d’accord. D’ailleurs, cette marche ne se veut « pas anti-Trump » comme l’expliquent ses organisatrices, mais « pro-femmes » : « C’est le prolongement des luttes que les femmes mènent depuis des années ». Alors là, je dis oui !

Dans leur manifeste, il est donc dit en premier lieu :

Nous sommes ensemble, solidaires, avec nos partenaires et enfants, pour la protection de nos droits, notre sécurité, notre santé, et nos familles – en reconnaissant que nos diverses communautés sont la force de notre pays.

Choisir son combat

Et c’est là que le bât blesse quelque peu. « Nos diverses communautés », encore une fois, on s’éloigne de la cause des femmes. On confond les combats, qui ont tous leur importance, et qu’il faut soutenir, mais ne peut-être pas mélanger. A l’école, lorsque nous devions rédiger une dissertation, il fallait traiter d’un sujet ; en apporter une thèse, une anti-thèse et une synthèse.  Mais s’en tenir à un seul sujet. Au final, est-ce qu’on ne brouille pas les esprits lorsqu’on mêle le droit des femmes, le mariage homosexuel, la lutte contre le racisme et les violences policières dans une marche pour les femmes ?

Divers combats convergent dans le document qui résume les positions des organisatrices de Women’s March. Et pour certains, cela ne devient qu’une manifestation contre le nouveau président des Etats-Unis. Dans ce tweet, Bernie Sanders, l’ancien candidat à l’élection présidentielle US du camp démocrate (face à Hillary Clinton) résume évidemment cette pensée : 

Et face à cela, on retrouve des réactions malheureusement défaitistes, mais classiques, comme celle de Gary sur Twitter qui ne comprend pas cette manifestation, puisque Donald Trump est président et que rien ne changera cela. 

Pire, certains se demandent pourquoi Scarlett Johansson  qui a fait un discours fort applaudi lors de la marche sur le Planning familial, en demandant à Trump de les soutenir, elle, sa mère, sa sœur, sa fille, ses amies et toutes les filles  ne se sert-elle pas de son argent pour les soutenir elle-même… Et c’est une femme qui tweete cela. Bref.

 

« Nous ne pouvons pas marcher seul. Et comme nous marchons, nous devons faire l’engagement que nous devrons  toujours marcher en avant. Nous ne pouvons pas revenir en arrière ». Martin Luther King

WASHINGTON, DC. – JAN. 21, 2017 (Photo by Damon Dahlen, Huffington Post) *** Local Caption ***

Heureusement, tout le monde ne pense pas comme eux, et malgré les raisons aussi variées évoquées dans #IMarchFor, les gens se sont réunis, et même plus que prévu partout à travers le globe. Rien qu’à Washington, lieu de référence de la marche, plus de 500 000 femmes et hommes ont manifesté, contre 200 000 initialement prédits. Tous ensemble, certains portant des PussyHat pour rappeler à leur nouveau chef d’Etat qu’il ne pouvait pas attraper les femmes par la chatte comme il le voudrait. Mais surtout, pour que les femmes aient, enfin, droit au même respect qu’un homme.

 

 

 

Kirill, 13 ans, à Washington : Je voulais être là parce que j’ai vu que Trump ne traitait pas les femmes correctement. Elles sont humaines, et elles devraient avoir les mêmes droits que les hommes.

WASHINGTON, DC. – JAN. 21: Organizers put the Women’s March on Washington in Washington D.C. on Saturday Jan. 21, 2017. (Photo by Damon Dahlen, Huffington Post) *** Local Caption ***

 

David, 35 ans, à Washington : Je marche pour ma mère – qui est une femme indépendante professionnellement – et pour ma sœur, qui vient d’avoir son premier enfant en mai.

Eric, 33 ans, à Washington : Comment pourrions-nous ne pas être ici ? Nous avions besoin de venir et montrer notre soutien.

WASHINGTON, DC. – JAN. 21: Organizers put the Women’s March on Washington in Washington D.C. on Saturday Jan. 21, 2017. (Photo by Damon Dahlen, Huffington Post) *** Local Caption ***

 

La France n’est pas en reste. Un rassemblement moins impressionnant qu’à Washington, certes, mais des milliers en tout : 7000 à Paris et quelques centaines à Lyon et Marseille. Pour de tristes raisons familiales, je n’ai pu me rendre à celle de ma ville de Lyon, mais mon cœur y était, et j’ai guetté les retombées dans les médias. L’effet est là, le sujet a été repris par les principales chaines d’information et quotidiens nationaux. Bien sûr, ils n’en ont pas fait leur Une, et ont surtout parlé des Etats-Unis et de l’hostilité envers Trump, mais c’est un bon début. Maintenant que nous sommes debout, continuons, car comme le dit si bien le dicton « Un con qui marche va plus loin qu’un intellectuel assis » (ok, le mot con est fort, mais vous comprenez le sens). Alors, comptez sur moi pour marcher avec vous tou(te)s !

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